Pourquoi ces accès d’ombre et ces accès d’aurore

Toute une vie en nous, non visible, circule
Et s’enchevêtre en longs remous intermittents ;
Notre âme en est variable comme le temps ;
Tantôt il y fait jour et tantôt crépuscule,
Selon de brefs et de furtifs dérangements
Tels que ceux du feuillage et des étangs dormants.
Pourquoi ces accès d’ombre et ces accès d’aurore
Dans ces zones de soi que soi-même on ignore ?
Qu’est-ce qui s’accomplit, qu’est-ce qui se détruit ?
Mais, qu’il fasse aube ou soir dans notre âme immobile,
La même vie occulte en elle se poursuit,
Comme la mer menant son œuvre sous une île !

Georges Rodenbach

L’apprentissage de la ville

Pour  Luc Dietrich

« Il est beau d’être un homme triste, car il s’en trouve peu. »

« Je pensais tout seul, que la vie des hommes est une traînée d’argent très rapide comme celle des étoiles filantes. Puis un jour, on ne sait pourquoi, leurs yeux tombent dans l’ombre que nous portons toujours avec nous, et on ne les revoit jamais plus. »

Le bonheur des tristes

La montagne morte de la vie

La Montagne morte de la vie

L’ombre s’était une fois de plus emparée de ce ciel immobile.

La nuit n’était pas encore là, mais les étoiles étaient sur le point de se montrer.

C’était l’instant d’attente.

Le seul qui ressemblât, dans ce monstrueux mystère, à ceux de tout les endroits normaux…

Michel Bernanos